Yves Joli-Coeur interviewé par La Facture concernant Les Habitations Trigone

12 octobre 2020 — Les Habitations Trigone ont fait l'objet d'un nouveau reportage peu élogieux à l’émission La Facture (Radio-Canada). Présenté le 6 octobre dernier, il met notamment l'accent sur une copropriété construite à Brossard sous le nom de cette entreprise. La copropriété en question est grevée par plusieurs défauts de construction majeurs.

Parmi les anomalies recensées, on note entre autres une « installation incomplète des solins et scellements, des accumulations d’eau et de glace sur le toit, une condensation importante au niveau de la fenestration et des infiltrations d’eau ».

 

Un premier reportage qui a fait des petits

Un premier reportage sur cette entreprise a été diffusé il y a quelque temps, ce qui a interpellé un ex-membre du personnel-cadre et un sous-traitant qui y ont travaillé. Ces derniers ont confirmé de graves négligences, en matière de construction, par des constructeurs utilisant la marque de commerce Trigone, notamment sur un chantier dont les intérieurs furent inondés par la pluie pendant les travaux.

Selon un sous-traitant interrogé par La Facture, plusieurs portions en gypse et en laine isolante détrempées n’auraient pas été « enlevées ». La Facture précise que Trigone a répondu, dans un courriel, qu’il s’agit de « problèmes anciens et réglés. Ils ont été corrigés selon les règles au moment où ils sont survenus ».

Lacunes dans le service à la clientèle

Côté service à la clientèle, l’ex-cadre précité — qui a témoigné anonymement — affirme avoir observé plusieurs « lacunes » chez Trigone : « C’est vraiment phénoménal le nombre de problèmes de mauvais suivis. Je trouve ça malheureux pour les clients, parce qu’il va y en avoir un paquet tantôt. Des problèmes d’infiltration, parce que les travaux ne sont pas terminés à temps, parce que ça traîne, ça traîne, ça traîne. »

Mais ce n’est pas tout : La Facture a découvert que « certaines constructions des Habitations Trigone ne sont pas assujetties à la Garantie de construction résidentielle (GCR). Or, elles devraient l’être, puisque c’est obligatoire. Pourtant, dans certains cas, Les Habitations Trigone ont trouvé le moyen d’échapper à cette garantie », dit-on dans le reportage.

Yves Joli-Coeur déplore la situation

« Force est de constater que l’entrepreneur en cause a trouvé une faille pour s’en exclure », dénonce l’avocat émérite Yves Joli-Coeur, qui a contribué à l’écriture du nouveau Règlement sur le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs. Rappelons que les constructions comprenant quatre parties privatives superposées (ou moins) doivent être accréditées à ce plan de garantie.

Pour échapper à GCR dans une des constructions concernées, le constructeur a fait cadastrer chacun des étages du bâtiment. Par conséquent, tous ont un lot, « même l’espace réservé au sous-sol pour un gymnase-atelier, ce qui fait un total de cinq parties privatives superposées », rapporte La Facture.

Selon GCR, « Trigone tente d’augmenter artificiellement le nombre de parties privatives, pour se soustraire au plan de garantie obligatoire. GCR calcule que dans l’immeuble de Carlos, il n’y a pas plus que quatre parties privatives superposées. » Pourtant, le Centre canadien d’arbitrage commercial a donné raison à Trigone dans ce dossier.

Les consommateurs en paient le prix

« Créer un lot, tel que rapporté dans ce dossier, c’est inusuel. Est-ce que ce gymnase est vraiment privatif? À partir du moment où tout le monde a la clé pour y accéder, ça ne s’apparente pas à un lot privatif. Cette façon de faire, qui semble avoir été utilisée par l’entrepreneur ciblé, a comme résultat de confondre les consommateurs. Or, tout ce débat se fait sur leur dos, ce qui n’a aucun sens », conclut Yves Joli-Coeur.

Pour voir le reportage complet, on peut cliquer sur cet hyperlien.
Montréal, 12 octobre 2020