Une maison en rangée en construction s’effondre partiellement

21 janvier 2020 — Une maison en rangée en construction s’est partiellement effondrée, hier après-midi à Blainville. Deux travailleurs ont été blessés, dont un gravement. L’un d’eux est resté coincé sous les décombres pendant une heure et demie, à une température avoisinant les – 20 degrés Celsius. Cet événement ramène, à la surface, le niveau de qualité des constructions résidentielles au Québec.

Invité à l’émission Tout un matin (Radio-Canada), tôt aujourd’hui, l’avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, n’en est pas à un premier incident de ce genre. S’il n’a pas voulu commenter ce cas particulier, en raison d’un manque d’information sur les causes qui ont conduit à cette tragédie, il n’en demeure pas moins que selon lui, ce type d'incident est souvent attribuable à un « contrôle de qualité » déficient, ainsi qu’à une surveillance de chantier inexistante.

Plans incomplets

« Bien des chantiers sont lancés avec des plans incomplets, et les ouvriers y sont livrés à eux-mêmes. Imaginez si cet effondrement était survenu une fois habité par des personnes », lance-t-il, ajoutant que les mauvaises constructions résidentielles génèrent un taux de sinistralité élevé en copropriété.

Un des chiens de garde des constructions résidentielles neuves, au Québec, s’appelle Garantie de construction résidentielle (GCR). Ce plan de garantie est notamment obligatoire pour les immeubles neufs comprenant quatre unités superposées, ou moins. Malheureusement, les autres ne sont pas couverts par GCR, bien que leurs constructeurs puissent opter pour des garanties optionnelles. « Mais bien souvent, les grandes tours de copropriété projetées sont laissées à la libre pensée des promoteurs », fait savoir Yves Joli-Coeur.

Pénurie de main-d’œuvre

« Lorsque vous êtes un promoteur, et que vous construisez pour autrui, comment pouvez-vous être critique sur la qualité de votre bâti? S’ajoute à cela des délais de livraison relativement courts et une pénurie de main-d’œuvre. Tous ces éléments contribuent à une qualité de construction qui n’est pas toujours au rendez-vous », dit-il.

Bien qu’il existe d’excellents constructeurs au Québec, ce juriste persiste et signe en affirmant qu’en 30 ans de pratique, il en a vu des immeubles mal construits. Les copropriétaires qui les ont achetés doivent, dans plusieurs cas, payer les pots cassés avec leurs propres deniers. « Au Québec, certains bâtiments ne sont pas étanches à l’air et à l’eau. Ce sont de véritables éponges gangrenées par la pourriture », conclut Yves Joli-Cœur.

Pour écouter l'entrevue, on peut cliquer sur cet hyperlien.

Montréal, 21 janvier 2019
Source : Radio-Canada