Le président du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires Yves Joli-Cœur en entrevue à « Salut Bonjour! »

30 octobre 2022 — L’avocat émérite et président du RGCQ, Yves Joli-Coeur, donnait une entrevue à Gino Chouinard and Georges Pothier de Salut Bonjour sur le drame humain que vivent 48 familles de St-Jérôme. Rappelons que le Journal de Montréal rapportait, dans un article intitulé 48 propriétaires de condo devront évacuer leurs immeubles mal construits, que trois immeubles de 16 logements, situés aux numéros 600, 620 et 640 de la rue Castonguay à St-Jérôme, avaient une structure pourrie. L’estimation des coûts de rénovation au 620, par exemple, est de 4,2 millions $, soit 262 000 $ par logement, ce qui dépasse leur valeur marchande. 

Finalement, les 48 propriétaires vont donc perdre leur domicile, demeurer responsables de l’hypothèque et vont devoir se reloger en pleine crise du logement.  C'est dans ce contexte que Me Yves Joli-Cœur a mis en perspective qu’au Québec, les vices de construction jumelés avec un défaut d'entretien sont généralement la cause d'un état de vétusté prématuré des immeubles. Il a rappelé que les malfaçons et les vices de construction sont des problématiques fréquentes et que ceux-ci peuvent mettre en péril un bâtiment et la sécurité de ses occupants, et ce dès le départ. Actuellement, il n’existe aucun contrôle de qualité en inspection continue [pendant la construction] des immeubles en copropriété. Pourtant en 2021, la ministre responsable de l'Habitation avait donné à la Régie du bâtiment, la RBQ, le mandat d’élaborer des scénarios qui incluent des inspections aux étapes charnières de la construction, comme cela se fait en Ontario depuis nombre d'années. 

Il a rappelé que depuis les vingt dernières années, plusieurs ministres de l'Habitation se sont succédé, personne n'a osé rendre obligatoire la surveillance sur les chantiers de construction résidentielle. On entend par surveillance l’ensemble des inspections par un professionnel, indépendant du constructeur, à chacune des étapes de la construction.

À cela s’ajoute le défaut chronique d’entretien des immeubles. Certes l’introduction d’une obligation, pour tout syndicat de copropriétaires, de se doter d’un carnet d’entretien, apportera sans doute une solution partielle à l’absence de surveillance des travaux de construction. Le législateur a en effet prévu, avec le projet de loi 16 de 2019, une telle obligation. Toutefois le règlement du gouvernement devant le rendre obligatoire tarde, pour des raisons obscures, à être publié dans la Gazette officielle.

Montréal, 30 octobre 2022