Jocelyn BÉDARD

Jocelyn Bédard est vice-président et cofondateur du Groupe Fenestra. Expert en scellement d’enveloppes de bâtiments, il excelle également dans l’amélioration des performances d’origine d’une fenêtre qui a fait l'objet d'une réparation. Doté d’un esprit inventif et apte à solutionner des problématiques complexes, Jocelyn Bédard imagine, dessine et crée diverses composantes visant à accroître les performances énergétiques d’une fenêtre.

Ex-pilote d’hélicoptère affecté aux feux de forêts dans le Nord-du-Québec, il est formé comme technologue dans diverses disciplines, entre autres en mécanique, en vitrerie et en serrurerie, et il a reçu plusieurs formations sur les mouvements d'air dans les bâtiments. Il comprend et maîtrise la compartimentation d'un édifice, afin d'éviter le phénomène appelé effet de cheminée. Jocelyn Bédard est aussi directeur de la recherche et du développement (R&D) chez Groupe Fenestra, en plus d'être responsable des questions touchant le scellement des enveloppes de bâtiments.

Restaurer vos fenêtres est un droit

7 mai 2021 — Plusieurs pays se mobilisent pour lutter contre le gaspillage des produits de consommation. Saviez-vous qu’en 2019, le Québec a déposé un projet de loi pour lutter contre l’obsolescence programmée, et pour « faire valoir le droit à la réparation des biens », dont font notamment partie vos fenêtres?

Ce projet de loi vise, en outre, l’instauration d’une « cote de durabilité pour les biens ». Établie par le Bureau de normalisation du Québec, cette cote prendrait la forme d’une étiquette apposée sur chaque appareil domestique offert en vente ou en location.

 

Depuis le 1er janvier 2021, la France oblige les manufacturiers à afficher un « indice de réparabilité » sur certains produits électriques et électroniques, en vertu de la loi anti-gaspillage pour une économie circulaire. En affichant une note sur 10, cet indice renseigne sur le caractère plus ou moins réparable des produits ciblés : lave-linge à hublot, téléphones intelligents, ordinateurs portables, téléviseurs et tondeuses à gazon électriques.

Le droit de réparer

Par ailleurs, le législateur québécois voudrait que toute pièce de rechange, outil ou service de réparation nécessaire à l’entretien ou à la réparation d’un bien, soit disponible à un prix et à des conditions raisonnables. Il en serait ainsi tant que le bien demeurerait disponible sur le marché, ou pendant une durée raisonnable après coup, selon ce qui est le plus avantageux pour un consommateur. Quiconque pratiquerait « délibérément l’obsolescence programmée » serait passible d'une amende minimale de 10 000 $.

Mise au point sur le recyclage

Ce droit de « réparer » vise à contrer un autre phénomène attribuable au recyclage, qui s’avère une savante hypocrisie dans certains cas. Est-ce que vous croyez, vraiment, que tous les produits recyclables sont recyclés? Prenons l’exemple des fenêtres, dont le verre est impossible à réutiliser, car sa composition chimique ne ressemble en rien à celle des contenants en verre destinés à un usage domestique.

Cela fait en sorte que plusieurs pays moins bien nantis d’Europe, d’Asie et d’Afrique, où les normes environnementales sont quasi inexistantes, ont compris que nos déchets supposément recyclables sont aussi précieux que de l’or. On y trouve moult petits débrouillards, communément appelés « whiz kid ou geek », qui réparent les produits que nous jetons dans nos bacs de recyclage. Au pire, ils en récupèrent les pièces encore utilisables.

Bacs de recyclage pillés

Des milliers de boutiques à travers le monde procèdent à la répartition, ainsi qu’à la revente de ces produits considérés comme des « Serpuariens » chez nous. Là-dessus, je vous invite à lire le livre intitulé Secondhand, de l’auteur Adam Minter. Pas étonnant que nos bacs de recyclage soient convoités par des « chasseurs de trésors », communément appelés (à tort) des pauvres, voire des sans-abri qui fouillent dans nos poubelles.

Chez Groupe Fenestra, nous sommes, en quelque sorte, des whiz et des geeks en restauration de fenêtres. Notre entreprise a été l’une des premières, au Québec, à adopter cette approche qui porte ses fruits. Bien des gens croient, encore et toujours, qu’il faut faire remplacer ses fenêtres après 25 ans. Les substituer n’a aucune conséquence sur l’environnement, car elles seront recyclées de toute façon, se disent-ils. Je parle notamment des matériaux dont elles sont constituées, par exemple l’aluminium et le PVC. Or, la réalité nous apprend bien autre chose.

Remise à niveau facile

Restaurer vos fenêtres est d’autant plus indiqué, car contrairement à d’autres articles conçus pour rendre la tâche difficile, voire impossible aux réparateurs, elles peuvent être mises à niveau aisément, qu’il s’agisse notamment du remplacement du verre, des coupe-froid et des poignées. Seule exception toutefois : les fenêtres en PVC nouvelle génération, qui sont difficiles à restaurer, parce que leurs composantes sont thermosoudées.

Être écoresponsable à l’égard des matières premières suppose une question fondamentale : est-ce que le produit que je m’apprête à remplacer par un autre pourrait être réparé? Si la réponse est oui, tout consommateur ne devrait pas hésiter une seconde à choisir cette option. En ce sens, restaurer ses fenêtres est une avenue avantageuse, sachant que leur verre prendra le chemin des sites d’enfouissement. Quant à l’aluminium, on peut difficilement prédire la façon dont il sera recyclé.

Sans l’ombre d’un doute, une nouvelle culture de consommation s’impose, car actuellement, plusieurs produits sont destinés à être jetés, après avoir offert une durée de vie utile relativement courte. L’écoresponsabilité des consommateurs est interpellée dans ce contexte, ainsi que le gros bon sens des fabricants.

Jocelyn Bédard/Groupe Fenestra

Tél: 514 993-3333

www.groupefenestra.com

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