François G. Cellier

François G. Cellier est journaliste, chroniqueur, rédacteur, relationniste, concepteur vidéo et animateur de radio. Il est ce que l'on appelle un communicateur multidisciplinaire. Administrateur du portail Condolegal.com, il y rédige entre autres les actualités qui se trouvent à la page d'accueil du site. L'homme est également rédacteur en chef du magazine Condoliaison, et anime une webradio hebdomadaire, laquelle est présentée en direct sur la page Facebook de Condolegal.com.

Le triomphe de la médiocrité

7 mai 2021 - Il y a longtemps de cela, j’ai demandé à mon père quelle était la leçon à tirer du film Amadeus (Mozart). Sa réponse fut laconique, mais combien magistrale : « Il s’agit d’une démonstration probante du triomphe de la médiocrité. » Sur le coup, j’ai mal saisi ce qu’il voulait dire. Mais avec le temps, j’en ai compris tout le sens et toute la signification.

Mozart était un génie de la musique. Certains voyaient en lui un virtuose envoyé par les « dieux ». Il composait des opéras parfaits. Chaque note donnait le timbre juste, l’intensité, la hauteur, la durée, l’intelligence et la subtilité voulues. Mais les génies suscitent la jalousie, l’envie et l’amertume. Parlez-en à Antonio Salieri, un compositeur italien qui a exprimé sa musique dans l’ombre de Mozart.

Le film Amadeus nous dépeint un Salieri à la fois dérouté et admiratif, car il sait que Mozart fera ressortir en lui sa petitesse grandissante. Mais comme la perfection n’existe pas sur Terre, dit-on, les censeurs de la cour de Vienne (en Autriche) trouvaient toujours à redire sur ses œuvres, critiquant telle ou telle partition et exigeant des retouches ici et là. Pourquoi en a-t-il été ainsi? Parce que bien des gens ne pouvaient tout simplement pas admettre que oui, le génie et la perfection existent. 

Ce triomphe de la médiocrité trône, également, dans un certain nombre de copropriétés divises, où les membres d’un conseil d’administration subissent une pression constante exercée par les uns et les autres, afin que des intérêts divergents soient entendus. Ces administrateurs bénévoles et dévoués pour la cause n’ont pourtant qu’un seul but : entretenir et conserver l’immeuble, comme la loi les y oblige. 

Il est vrai que dépenser des sommes d’argent importantes ne plaît pas à tout le monde. En copropriété, plusieurs propriétaires d’unités sont allergiques au phénomène. Dans un article intitulé Comment se portent vos finances au regard de la COVID-19, que j’ai rédigé dans le magazine Condoliaison (Vol. 22 no 4), certaines personnes affichent des messages hargneux dans les parties communes de leur immeuble. Sur l’un d’entre eux, on pouvait lire : « que ceux qui n’ont pas les moyens de vivre dans notre immeuble déménagent ». Parmi les personnes visées, il s’en trouve qui, d’emblée, n’ont pas les moyens d’être copropriétaires. Et voilà que la COVID-19 est venue exacerber cette triste réalité, ce qui fait d’autant plus mal à ceux qui ont touché la Prestation canadienne d’urgence (PCU).

En somme, la médiocrité triomphante est une bombe à retardement, car les copropriétés qui en souffrent sont habituellement perdantes. Fort heureusement, il s’en trouve plusieurs où la gestion est exemplaire, pour ne pas dire parfaite. Les gens qui y vivent ont compris que leur immeuble a besoin « d’amour » pour traverser le temps, car rien n’est éternel sur Terre. Ceux-là en récolteront les dividendes à moyen et long terme, car la juste valeur marchande de leur unité s’en verra préservée. Tout cela pour dire que malgré l’adoption des projets de loi 141 et 16, il reste encore beaucoup d’éducation à faire.

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