Conflits linguistiques et politiques en copropriété divise

24 octobre 2022 - Le Journal La Presse rapporte, dans un article intitulé Les cas de tensions linguistiques dans les copropriétés québécoises, les cas de conflits linguistiques et politiques ayant cours dans certaines copropriétés, et ce à un moment où le français poursuit son déclin au Québec comme au Canada. Preuve à l’appui les données du recensement 2021 de Statistique Canada. Cet article s’inscrit dans le prolongement du Projet de loi 96 (Loi sur la langue officielle et commune du Québec, le français). Rappelons qu’au cœur de ce remue-ménage linguistique figure la copropriété divise.

L’avocat émérite et président du Regroupement des gestionnaires et copropriétaires du RGCQ, Yves Joli-Coeur, a donné une entrevue au Journal La Presse sur cette délicate question. Selon ce dernier « La question de la dualité linguistique dans les assemblées de copropriétaires, c’est une réalité très montréalaise, dit-il. À Québec, ce ne sera pas un enjeu, ni à Chicoutimi. Mais c’est sûr qu’à Montréal, dans une ville très multiethnique, on a cette réalité de la langue, et ce n’est pas juste entre le français et l’anglais, mais également entre les membres de la communauté chinoise qui sont propriétaires, dans les grandes tours du centre-ville, de nombreux appartements. ». Me Joli-Cœur rappelle que la copropriété est un milieu de vie collectif, soit « un milieu de partage d’un actif ». « Si les gens ne comprennent pas sur quoi ils votent et sur quoi ils ont à partager, c’est évident qu’il va y avoir un autre problème. Il ne faut pas être des intégristes linguistiques, mais il faut avoir à cœur la protection de la langue française. »

Selon l’ex-journaliste de Radio-Canada et copropriétaire, Claude Deschênes, il faut défendre la présence du français en copropriété divise. Celui-ci poursuit sa réflexion comme suit : « La question, c’est : est-ce qu’on sera assez nombreux comme francophones pour leur faire réaliser que c’est important de parler français ? enchaîne-t-il. Comme la majorité parle anglais, parce que c’est plus simple, ils vont apprendre l’anglais. On se plaint que ça ne parle plus français à Montréal, mais c’est parce que les francophones ne sont pas là ; ils quittent Montréal. C’est ça qui m’inquiète le plus. »

Rappelons que le Projet de loi 96 a de nombreuses conséquences sur le monde de la copropriété divise, et ce tant lors de sa constitution que dans les opérations courantes d’un syndicat de copropriétaires. Nous vous invitons à lire l’article Projet de loi 96 et langue française : nouvelles obligations en matière de copropriété divise.

Montréal, le 24 octobre 2022

Source: La Presse

Journaliste: Suzanne Colpron