Choisir la bonne membrane acoustique

11 septembre 2015 — Bien qu’il y ait certains points communs entre les facteurs permettant d’atténuer les bruits aériens et ceux permettant d’atténuer les bruits d’impact, ces derniers sont bien plus complexes à mesurer, classifier et atténuer. Étant donné que les bruits d’impact génèrent beaucoup plus d’énergie que les bruits aériens, ils se propagent plus facilement et rapidement dans la structure du bâtiment.

 

 

Afin de dissiper cette énergie, nous devons désolidariser les matériaux le plus près possible du point d’impact en utilisant des matériaux résilients, comme une membrane acoustique, dans le but d’éliminer les contacts directs entre ceux-ci. Dans un monde idéal, les revêtements de planchers ne doivent jamais entrer en contact avec les éléments structuraux.

Les défis du choix d’une membrane acoustique

Cas typique : vous avez à faire des rénovations dans votre condo. Vous planifiez les travaux avec tous les corps de métier impliqués et lorsque vient le temps de choisir le revêtement de sol, vous hésitez. Le bâtiment dans lequel vous habitez vous demande de respecter un rendement acoustique de FIIC 62. Vous magasinez d’abord un revêtement de sol (ex. : bois franc, bois d’ingénierie, vinyle et céramique). Par la suite, vous recherchez une membrane acoustique qui affiche un rendement acoustique aux bruits d’impact de FIIC 62 et plus.

Satisfait de vos recherches, vous choisissez ce produit et procédez à l’installation de la membrane et du nouveau plancher dans votre unité. À la suite des travaux, votre voisin de l’étage inférieur se plaint d’entendre vos déplacements à l’intérieur de votre condo, beaucoup plus qu’avant que vous ne procédiez aux rénovations. Vous investiguez et demandez à un acousticien de faire des tests acoustiques. Les résultats que vous obtenez révèlent que le rendement acoustique aux bruits d’impact de votre condo est de FIIC 54. Où avez-vous donc commis une erreur? Qu’est-ce qui peut expliquer un tel résultat?

L’acoustique de plancher dans les immeubles en copropriété ainsi que dans les bâtiments commerciaux s’avère plus complexe qu’il ne peut sembler. En effet, plusieurs critères doivent être pris en compte lors du choix d’une membrane acoustique. Il n’est pas possible de seulement se fier aux résultats acoustiques publiés par le fabricant du produit sans se soucier de l’assemblage.

Attention aux promesses

Gare aux capacités acoustiques attribuées par les fabricants à leurs produits! Il est impossible de prédire le rendement d’une membrane acoustique sans tenir compte de la nature de la construction dans laquelle elle sera utilisée. Or, les performances acoustiques annoncées par la plupart des fabricants de membranes acoustiques vous laissent croire à des résultats similaires, et ce, peu importe le type de construction. Il est donc impératif de vérifier dans quelles conditions ont été réalisés les tests acoustiques publiés par le fabricant, qui prétend avoir obtenu un rendement précis.

Les tests ont-ils été faits en laboratoire ou en chantier? Sachez qu’un test acoustique réalisé en laboratoire, dans des conditions idéales, donne systématiquement un résultat plus performant qu’un test réalisé en chantier, où rien n’est optimal. Est-ce que l’assemblage plancher/plafond utilisé lors des tests acoustiques est le même que le vôtre? Par assemblage plancher/plafond, on parle de toutes les composantes qui se trouvent entre votre plancher et le plafond de l’unité située sous la vôtre. L’épaisseur de la dalle en béton, le nombre de planches en contre-plaqué utilisé, leur épaisseur, l’utilisation de barres résilientes, la présence d’un plafond suspendu et de laine acoustique, pour ne nommer que ces éléments, sont autant de facteurs qui peuvent influencer le résultat acoustique offert par une membrane.

Il vous faut donc vous assurer que les tests acoustiques réalisés avec la membrane que vous considérez ont été effectués avec des assemblages plancher/plafond identiques, ou très similaires au vôtre. De cette façon, vous aurez une meilleure idée du rendement acoustique que vous pourriez obtenir dans votre condo ou votre espace commercial.

Des indices FIIC qui varient

À titre d’exemple, une membrane de 5 millimètres (mm) d’épaisseur, installée sur une dalle en béton d’une épaisseur de 203 mm (8 po) au-dessus d’une pièce comportant un plafond de gypse, peut donner un rendement de FIIC 67, alors que ce même type d’assemblage testé en laboratoire pourrait conduire à un résultat FIIC 71. Par contre, cette même membrane de 5 mm installée dans une structure en bois plus conventionnelle, constituée d’un contreplaqué, de poutrelles, d’un espace de 203 mm (8 po) rempli d’un isolant en nattes, de lattes de bois et de panneaux de gypse, peut fort bien vous procurer un rendement aussi bas qu’un FIIC 54. Par cet exemple, on constate aisément que donner un rendement acoustique à une membrane sans tenir compte de la structure de la construction dans laquelle elle sera utilisée est hasardeux!

Autre piste à explorer : la compatibilité de la membrane avec les critères de performance mécanique (épaisseur, densité et cohésion interne) du revêtement de sol choisi. Trop souvent, cet aspect est négligé par les consommateurs, alors qu’il est tout aussi important que la performance acoustique. Négliger cet aspect dans le choix de votre membrane acoustique peut mener à des problèmes coûteux, mais malheureusement fréquents, tels qu’une déformation, des craquements ou un soulèvement du revêtement de plancher, potentiellement jumelé à la non-applicabilité de la garantie de son fabricant.

Il est donc important de connaître le type d’installation de plancher qui sera réalisé, par exemple en bois d’ingénierie collé ou flottant, en bois franc cloué en vinyle et en céramique. Cette information vous orientera déjà vers une catégorie de membranes acoustiques plus appropriées à votre immeuble. À défaut, vous pourriez opter pour une membrane trop épaisse ou trop molle, ou dont la force mécanique ne suffit pas à retenir les mouvements du revêtement de plancher causés par des variations normales du taux d’humidité ambiant ou encore, vous pourriez opter pour le mauvais choix d’adhésif. Ce sont là autant d’erreurs susceptibles de provoquer les problèmes précédemment décrits.

Il est également nécessaire de vérifier l’épaisseur maximale que peut avoir le sous-plancher, aux termes de la garantie de son fabricant, laquelle comporte également de nombreuses recommandations quant au sous-plancher pouvant être installé sous le revêtement de sol. Ce sont là autant de restrictions que vous vous devez de respecter pour que le fabricant honore la garantie en cas de problème.

Il est donc primordial de s’assurer de la compatibilité de la membrane acoustique avec le revêtement de sol que vous avez choisi. À titre d’exemple, si vous optez pour un revêtement de sol en bois installé de façon collée, la force mécanique de la membrane s’avère un critère décisif, puisque c’est précisément cet aspect de la membrane qui  déterminera sa capacité à retenir votre recouvrement de sol contre les mouvements induits par les variations normales du taux d’humidité ambiant, qui font dilater ou contracter les planches en bois.

 

150, rue Léon-Vachon
St-Lambert-de-Lauzon
Québec, Canada, G0S 2W0

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