Certains constructeurs forcés de reprendre des travaux non conformes

8 février 2019 — Garantie de construction résidentielle (GCR) a récemment publié les grandes lignes d’une étude qui démontrent, preuves à l’appui, que les erreurs commises pendant la construction d’un bâtiment résidentiel coûtent cher. Non seulement pour les consommateurs qui en sont les victimes, mais aussi pour les entrepreneurs concernés qui sont accrédités au Règlement sur le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs. En pareil cas, ils se voient forcés par GCR de reprendre des travaux mal faits. 

Le Top 10 des défauts les plus souvent constatés est répertorié dans cette étude, ainsi que les coûts qu’ils ont engendrés aux constructeurs pris en défaut. « Bien que l’étude démontre une amélioration notable de la qualité dans la construction résidentielle au Québec, GCR juge que les efforts doivent non seulement se poursuivre, mais qu’il est même possible de faire encore mieux », peut-on lire dans un communiqué de presse publié par cet organisme à but non lucratif.

À l’occasion du dévoilement de son Programme d’inspection 2019, GCR a même annoncé que ses cibles avaient été modifiées pour permettre un nombre accru d’inspections, car GCR estime que baisser la garde pourrait conduire au retour en force de certains défauts de construction.

Cauchemars évités

L’étude fait ressortir plusieurs cas de figure qui, n’eût été d’interventions déployées par GCR, auraient probablement tournés au cauchemar pour d’infortunés acheteurs. À titre d’exemple, des inspecteurs ont vu un entrepreneur poser du gypse sur un mur, « malgré que des infiltrations d’eau et des moisissures étaient visibles. » Ils ont également constaté qu’un revêtement extérieur avait été installé de façon contraire aux directives du fabricant, « ce qui aurait causé d’importantes infiltrations d’eau. » GCR a exigé que cette installation soit entièrement refaite. 

Par ailleurs, GCR est aussi intervenu après la réalisation de travaux, pour réparer des déficiences majeures, notamment en raison d’une dalle de garage hors sol qui menaçait de s’effondrer. Encore là, l’entrepreneur concerné a dû recommencer les travaux. Dans un autre cas, une maison se retrouvait inondée chaque jour de pluie, parce qu’elle a été construite trop près du niveau de la nappe phréatique. Sans oublier plusieurs fenêtres d’une nouvelle résidence qui laissaient l’eau s’infiltrer à l’intérieur du bâtiment.

Nouvelle gouvernance

Rappelons que GCR est officiellement entrée en fonction le 1er janvier 2015. Elle est venue remplacer trois plans de garantie offerts par des associations de constructeurs, soit Abritat, la Garantie des maisons neuves (GMN) de l’APCHQ et Qualité Habitation de l’ACQ. Le Règlement sur le plan de garantie des bâtiments résidentiels neufs a donc été modifié, afin d’y apporter des changements majeurs, par exemple en ce qui a trait à la gouvernance.

15 fois plus cher pour reprendre des travaux

Réaliser des travaux non conformes, dès le départ, peut entraîner des corrections majeures. « Lorsque ceux-ci doivent être effectués après la livraison du bâtiment, cela peut entraîner des augmentations de coûts allant jusqu’à 1 500 % », détaille GCR. À titre d’exemple, le prix pour réaliser des travaux correctifs sur l’étanchéité à l’air et à la vapeur d’eau (de l’enveloppe d’un bâtiment) peut coûter huit fois plus cher, dit-on.

Quelque 4 230 dollars en travaux correctifs

Selon les données compilées en 2017, GCR estime qu’une inspection réalisée sur un bâtiment en construction, ainsi que l’identification de non-conformités, permet d’éviter en moyenne quelque 4 230 $ en travaux correctifs. « Il est fort probable que lorsqu’une non-conformité est signifiée et expliquée à un entrepreneur, ce dernier ne la reproduira plus dans ses constructions futures. Il y a donc un gain très fort à ce chapitre, bien qu’il soit difficile à quantifier. »

GCR offre (entre autres) une garantie pour les copropriétés neuves qui comptent quatre unités superposées ou moins. Sa mission principale vise la protection des consommateurs, advenant que la propriété résidentielle qu'ils ont achetée comporte des défauts de construction avérés. Consultez la section qui porte sur les garanties qui s’appliquent, ainsi que sur l’inspection préréception des parties communes d’une copropriété.

Pour lire l’intégralité de l’étude, rendez-vous ici.
Par François G. Cellier pour Condolegal.com

Montréal, 7 février 2019