Du travail pour les bénévoles en construction

23 novembre 2017 - Certains types de travaux de construction réalisés par des bénévoles seront désormais permis, au Québec, en vertu d’un nouveau règlement que saluent les PME. Néanmoins, les syndicats issus de l’industrie de la construction y voient un laissez-passer pour le travail au noir.

Travaux légers

Ce règlement permettra à des bénévoles d’effectuer des travaux touchant la peinture intérieure et extérieure, la menuiserie de finition, les portes et fenêtres intérieures, les armoires et les comptoirs ainsi que le marbre, le granit, la céramique et le terrazzo. Ils pourront notamment être réalisés dans les parties communes par des syndicats de copropriétaires, dont l’immeuble compte quatre unités et moins.

La ministre du travail, Dominique Vien, soutient que le nouveau règlement vise à « donner davantage de flexibilité concernant l’exécution de ces travaux, et à favoriser l’entraide citoyenne. »

 

Travail au noir

Mais la Centrale des syndicats démocratiques (CSD) voient les choses autrement. Pour elle, il ne fait aucun doute que cet allègement va encourager le travail au noir. «C’est sûr, sûr, sûr qu’on vient de donner l’aval au travail au noir. On va leur donner l’absolution en leur disant : vous avez juste à dire que vous êtes bénévoles et il n’y en aura pas de problèmes », résume Luc Vachon, président de la CSD.

Il prévoit même des problèmes d’équité, lors d’envois de soumissions pour répondre à des appels d’offres. Certains entrepreneurs voudront réaliser un partie des travaux au noir, afin d’augmenter leurs chances d’obtenir les contrats qu’ils convoitent. Ainsi, leur main-d’œuvre coûtera moins cher. Selon la CSD, les entrepreneurs honnêtes s’en verront pénalisés, à moins de jouer le jeu du bénévolat eux aussi.

"Il ne faut pas exagérer"

Pour sa part, Martine Hébert, vice-présidente principale à la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante, se dit satisfaite que l’on desserre l’étau réglementaire dans l’industrie. Quant au travail au noir, elle affirme « qu’il ne faut pas exagérer. Le gouvernement a préservé (dans le règlement) les travaux qui sont plus substantiels, par exemple ceux relatifs à l’électricité et aux travaux plus structurels », conclut-elle.

Source : L’actualité et François G. Cellier pour Condolegal.com
Montréal, 23 novembre 2017