Attention à la mérule pleureuse

23 janvier 2017 — La mérule pleureuse (Serpula Lacrymans) fait des ravages au Québec. Ce champignon au pelage blanc, et dont les extrémités sont rousses, dévore le bois situé au sous-sol d’un bâtiment, en l’occurrence une copropriété. Il est considéré comme le « cancer » des maisons et des condos.

Ce fléau est désormais très répandu au Québec. On trouve des résidences affectées un peu partout en province, par exemple sur le Plateau Mont-Royal (Montréal), ainsi qu’à Québec, à Montmagny, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie, aux Îles-de-la-Madeleine, sur la Côte-Nord, en Mauricie et ailleurs où la mérule pleureuse est en pleine expansion.

Il y a une dizaine d’années, on recensait un ou deux cas par année. « Maintenant, chaque semaine, quelqu’un nous appelle pour nous poser des questions là-dessus. On n’a pas une confirmation par semaine, mais c’est pas loin », racontait Gino Dechamplain au Journal Le Soleil il y a un an. L'homme a développé une expertise en qualité de l’air intérieur chez Enviro-Option.

Ce champignon s’attaque principalement au bois des vides sanitaires qui sont mal entretenus, à savoir les sous-sols dont le dégagement est très faible, et où règnent l’obscurité, l’humidité et les infiltrations d’eau. Les dégâts s’étendent souvent sur plusieurs mètres. Ils se vérifient par des planchers devenus mous, ou la présence d’une poudre rouge (spores) au sol.

Ce type de champignon pousse à la vitesse grand V, à raison de plusieurs centimètres par semaine. Certains experts ont déjà vu des mérules dont la largeur avoisinait les 20 pieds. Il faut procéder à des analyses en laboratoire pour identifier la souche du champignon responsable des dommages. Des traitements chimiques ont été mis au point en Europe. On utilise aussi une flamme vive ou de l’air chaud pour en venir à bout.

Éliminer la mérule pleureuse requiert des travaux d’envergure qui sont très coûteux. La solution finale consiste à l’éradiquer, à remplacer le bois contaminé et à supprimer les sources d’humidité qui pourraient favoriser son retour. La facture peut facilement se chiffrer à 80 000 dollars.

Rappelons que ce champignon produit des millions, voire des milliards de spores. Bien souvent, les propriétaires résidentiels ignorent sa présence dans leur sous-sol. Ils constatent les dommages lorsque ceux-ci ont atteint un stade très avancé.

Montréal, 23 janvier 2017
Source: La Presse
Photo: Courtoisie Enviro-Option

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