Pour ou contre le port du masque dans les parties communes d’une copropriété?

28 juillet 2020 - L’avocat émérite en droit de la copropriété et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, a accordé plusieurs entrevues (aujourd’hui même) à certains médias d’information, concernant le port du masque en copropriété. Plusieurs personnes se demandent pourquoi il est obligatoire dans tout espace public fermé, mais pas dans les immeubles d’habitations résidentielles, dont les parties communes d’une copropriété.

Pour l’instant, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) n’envisage pas l’imposition du port du masque au sein des immeubles d’habitation, qui « sont considérés comme étant des lieux privés », dit-on.

Pas équipés pour jouer à la police

Qu’à cela ne tienne, dans un entretien accordé au journal Le Devoir, Yves Joli-Coeur a précisé que certains syndicats de copropriétaires ont institué des règles internes obligeant le port du masque dans leurs parties communes fermées. "Mais le problème réside dans la mise en œuvre de telles mesures. Il faut savoir que la plupart des administrateurs de copropriété occupent leur poste bénévolement, et ils ne sont pas équipés pour jouer à la police", fait-il valoir.

Pour cette raison, bien des syndicats de copropriétaires recommandent le port du masque dans les aires communes, au lieu de l’imposer. La pandémie liée au coronavirus (COVID-19) génère déjà des frictions palpables dans plusieurs copropriétés divises. Inutile d’en rajouter une couche, se disent plusieurs administrateurs de copropriété.

Des espaces communs à la tonne

Selon plusieurs copropriétaires, l’argument du gouvernement affirmant que les immeubles résidentiels soient privés, et qu’on ne peut s’y ingérer en imposant des mesures ne tient pas la route. À titre d’exemple, "Dans une copropriété, il se trouve un certain nombre d’aires communes, par exemple des salles de réception, des ascenseurs et des stationnements souterrains", a rappelé Yves Joli-Coeur pendant l’émission matinale Puisqu’il faut se lever, diffusée ce matin sur les ondes du 98,5 FM.

Par ailleurs, ajoute ce juriste, plusieurs personnes vivant en copropriété sont des aînés, et par conséquent plus à risque de complications advenant une contamination à la COVID-19. À plus forte raison celles qui sont fragilisés par des problèmes de santé. Il est donc important que les syndicats se dotent non seulement de règles au regard du coronavirus, mais qu’ils puissent aussi les faire respecter. Après tout, on parle de santé publique et d’une protection accrue des citoyens, qui peuvent être exposés à ce fléau potentiellement mortel, peu importe où ils se trouvent.

Pour écouter l’entrevue accordée par Yves Joli-Coeur au 98,5 FM, on peut cliquer sur cet hyperlien.
Pour lire l’entrevue accordée par Yves Joli-Coeur dans le journal Le Devoir, on peut cliquer sur cet hyperlien.

Montréal, 28 juillet 2020