La location de type Airbnb fait trois morts à Toronto: Yves Joli-Coeur commente

6 février 2020 — Après une fusillade survenue dans un appartement loué sur Airbnb, à la fin du mois de janvier, la Ville de Toronto resserrera les règles de location aux moins de 25 ans. Cet échange de coups de feu a fait trois morts et deux blessés.

Appelé à commenter cette mesure, l’avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, était l’invité d’Annie Desrochers à l’émission radiophonique Le 15-18, diffusée sur les ondes de Radio-Canada.

 

Discrimination

« Il s’agit là d’une discrimination fondée sur l’âge. Ce n’est pas parce qu’on a 26 ans qu’on est nécessairement plus responsable qu’à 23 ans. La réelle question qu’il faut se poser touche, à mon avis, les antécédents des personnes qui louent des appartements à court terme », fait savoir Yves Joli-Coeur.

En fait, il est difficile d’exercer un contrôle sur les personnes à qui on a affaire dans ce secteur d’activité. Yves Joli-Coeur cite en exemple Montréal, aux prises avec « Toutes sortes de dérives en matière de location de type Airbnb, par exemple la prostitution et le trafic de drogue », dit-il.

Terrifiant

Bien évidemment, il ne s’agit pas d’une situation généralisée dans la métropole, mais lorsqu’elle se produit, les gens impactés vivent des moments terrifiants, notamment au sein d’immeubles détenus en copropriété divise. Déjà que la venue d’étrangers dans une copropriété n’est pas vue d’un bon œil par la grande majorité des syndicats de copropriétaires.

En somme, ce type de location peut affecter la sécurité des occupants d’un immeuble. Qui plus est, bien souvent, les locataires à court terme sont rarement informés des règles qui y sont en vigueur, par exemple au chapitre de la bienséance. Sans compter qu’ils ne se soucient que très rarement du bien d’autrui. « En fait, ils n’entretiennent aucune forme d’attachement à un immeuble qui ne leur appartient pas », d’ajouter Yves Joli-Coeur.

Qui sont ces gens?

Dans le domaine de la location à court terme, les questions fondamentales à se poser touchent à l’identité des personnes admises dans un immeuble. Qui sont-elles? Et est-ce qu’elles sont respectueuses et bien intentionnées? Yves Joli-Coeur rappelle que, dans un passé récent, des locateurs à court terme ont notamment volé du mobilier installé dans les parties communes d’une copropriété.

Rappelons que le gouvernement québécois adoptera un projet de règlement, le 1er mai prochain, qui porte sur la modernisation de l’hébergement touristique. Parmi les mesures prévues dans ce règlement à venir, on exigera que tout copropriétaire désireux de louer son unité à court terme obtienne, préalablement, l’aval du syndicat de copropriétaires pour ce faire.

Montréal, 6 février 2020
Source : Radio-Canada