Airbnb et hôtel fantôme : un copropriétaire bailleur victime d'un locataire

8 mai 2019 — Un copropriétaire bailleur d’Ottawa doit composer avec un locataire qui ne vit pas dans son appartement, car il le loue à court terme selon la formule préconisée par Airbnb. Cette activité se déroule sans son consentement et en contravention avec la déclaration de copropriété.

Jason Yung a emménagé à New York, voilà quelques années, pour y poursuivre des études supérieures. Il a trouvé un locataire pour son logement du marché By en janvier. Presque immédiatement, des voisins se sont plaints d’un va-et-vient incessant dans l’appartement, lequel est situé dans un immeuble comprenant 22 logements sur la rue Saint-Patrick.

Une procession de visiteurs

Il y a un défilé de visiteurs à cet endroit, a déploré Michael Baran, un copropriétaire. Nous ne savons pas qui entre; nous n’avons aucun contrôle. Cette situation crée de l’anxiété parmi les occupants de l’immeuble.

Jason Yung a découvert qu’une personne nommée « Daniel » avait affiché son logement sur la plateforme Airbnb. Lorsqu’il a porté plainte auprès des administrateurs d’Airbnb, le logement y a été retiré. Mais très vite, il est réapparu sous un nouveau compte, cette fois au nom de « John ».

L’appartement de Jason Yung est qualifié « d’hôtel fantôme », un terme utilisé pour caractériser une propriété annoncée dans des plateformes de type Airbnb, qui n’est pas occupée par un propriétaire, mais plutôt offerte en location à court terme par une entreprise et parfois annoncée par l’intermédiaire de faux comptes.

« John » dispose de sept propriétés à Ottawa et à Montréal, y compris le chaleureux appartement qui appartient à Jason Yung, à louer en mai à partir de 71 $ la nuit.

« On me prend pour un idiot »

Des voisins soutiennent que des visiteurs y sont présentement installés. Je me sens lésé, vraiment, déplore Jason Yung. On me prend pour un idiot. L’homme affirme être entré en contact avec le locataire, qui a nié sous-louer l’appartement.

Radio-Canada a également contacté le locataire, mais ce dernier a refusé une demande d’entrevue, soutenant qu’il habite bel et bien dans l’appartement, et que l’information que ce dernier a diffusée est fausse.

Les hôtes doivent respecter les règles

Jackie Swain, une voisine de l’appartement, a affirmé qu’elle a vu bon nombre de visiteurs au cours des derniers mois. Certaines personnes sont venues seulement pour une nuit, donc parfois il y avait des visiteurs différents, soir après soir, a-t-elle décrit.

À la fin avril, un étranger qui avait l’air louche a cogné à la porte de Jackie Swain pour lui demander d’utiliser sa connexion Internet, a-t-elle raconté. Jason Yung a contacté Airbnb pour demander que la publication de son logement soit retirée, mais il s’est fait dire que l’entreprise était incapable de l’assister. Dans un communiqué transmis à Radio-Canada, ses administrateurs ont indiqué que les hôtes doivent certifier qu’ils respectent la réglementation locale avant de louer leurs logements.

Mais pour Jason Yung, ce n’est pas assez. "Ils veulent engranger tous les profits, mais ne veulent pas assumer leurs responsabilités", fustige-t-il. Cet infortuné copropriétaire tente d’expulser le locataire. Toutefois, sa comparution devant la Commission de la location immobilière a été reportée à juin.

Pour l’heure, il craint que la sécurité de ses voisins aînés soit compromise, en raison du chaos provoqué par ces locations fantômes. Dans des situations comme celle qu'il vit, il devrait être permis de remplacer les serrures,résume-t-il, qualifiant son locataire de "prédateur".

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Montréal, 8 mai 2019
Source: Radio-Canada