Les coûts d'assurance d'une copropriété explosent de 730 %

2 avril 2019 — Une collectivité de copropriétaires d’Ottawa doit faire face à une explosion du coût de ses assurances, qui a presque atteint les 730 %. Ce taux astronomique découle du passage d’une tornade, en septembre, qui a endommagé certaines des 110 maisons de ville qui se trouvent dans ce complexe résidentiel.

Deux autres sinistres ont également eu lieu dans un intervalle rapproché : d’abord un incendie électrique est survenu en novembre, ainsi qu’un feu de cuisinière en janvier, si bien que l’assureur Carlton Condominium Corp. No. 188 a laissé tomber cette copropriété, selon ce qu'a appris Radio-Canada.

Situation de crise 

« Certaines personnes ont des pensées suicidaires. D’autres sont au bord de la crise de nerfs », affirme la présidente de l’association (syndicat) des propriétaires de Woodvale Green, Marie Weerasooriya-Epps. L’an dernier, cette copropriété a payé une prime de 26 858 dollars pour être assurée. La franchise est quant à elle passée de 2 500 à 100 000 $.

Marie Weerasooriya-Epps estime que jusqu’à 40 % des résidents ne pourront pas payer les nouveaux frais d’assurance. Il n’y a pas beaucoup de gens qui font beaucoup d’argent, a-t-elle dit. « Comment puis-je me permettre ça? », a pour sa part demandé Pat Ibea, une ménagère dont le conjoint est décédé l’an dernier.

Fenêtres placardées

La tornade a endommagé une bonne partie de son toit. De l’eau s’est par la suite infiltrée dans les murs. Six mois après cet événement météorologique, ses fenêtres sont toujours placardées. « Notre communauté a été dévastée par trois désastres », déplore Stephanie Hammond, une autre résidente de Woodvale Green.

Il pourrait s’écouler jusqu’à cinq ans avant que l’historique des réclamations de cette collectivité de copropriétaires ne s’éclaircisse, et que des assureurs à plus faibles taux veuillent reprendre Woodvale Green comme clients.

Risque plus élevé

Pete Karageorgos, du Bureau d’assurance du Canada, a indiqué que les frais d’assurance sont définis par des experts d’assurance, qui étudient l’historique d’une propriété en tant qu’indicateur des réclamations futures potentielles. Si une propriété cumule plusieurs réclamations pour des dommages, obtenir une assurance sera plus difficile, car le risque est plus élevé.

Cette histoire n’est pas sans rappeler certains syndicats de copropriétaires québécois, qui doivent payer des primes et des franchises prohibitives, en raison de dégâts d’eau à répétition, qui ont rendu les assureurs nerveux et circonspects.

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Montréal, 2 avril 2019
Source : Radio-Canada