Effondrement de trois immeubles à Marseille : bilan d’une catastrophe annoncée

9 janvier 2019 — L’effondrement de trois immeubles résidentiels rue d’Aubagne, à Marseille, doit éveiller les consciences à propos du patrimoine bâti au Québec. Plus particulièrement dans le domaine de la copropriété.

Bien sûr, nous n’en sommes pas encore rendus à ces niveaux de vétusté et d’insalubrité, qui ont provoqué cette catastrophe dont le bilan s’élève à huit morts. Néanmoins, au Québec, les copropriétés fragilisées commencent à poindre à l’horizon. La France doit composer avec ce phénomène depuis plusieurs années déjà, elle qui compte plus de 15 % de copropriétés en très mauvais état.

Pérennité du patrimoine bâti

Le RGCQ a maintes fois insisté sur le sens des responsabilités qui incombe aux syndicats de copropriétaires, dont le devoir ultime est d’assurer la pérennité de leur immeuble. Pour être en mesure d’assurer cette conservation, tous devraient disposer d’une étude du fonds de prévoyance, afin d’avoir une vision claire des choses.

Malheureusement, la réalité est tout autre, car plusieurs collectivités de copropriétaires tardent à agir. Les moyens financiers limités figurent en première ligne de cette impasse. Il en résulte un phénomène autrement plus grave, à savoir que plusieurs syndicats sont assis sur une bombe à retardement.

Péril grave et imminent

À Marseille, un rapport d’expertise avait prévenu du danger imminent pour l’immeuble portant le numéro 65, qui était mitoyen d’un autre. La seule unité évacuée était minée par un plancher complètement détérioré par l’humidité. Quant à la façade extérieure, elle présentait d’importantes fissures. Pour tout dire, l’auteur du rapport s’était prononcé en ces mots : « Il y a péril grave et imminent ». Malgré tout, neuf appartements étaient toujours habités.

Combien d’autres immeubles devront s’écrouler, en France, pour que l’hécatombe s’arrête? Conscient du problème, le gouvernement français a déjà investi des dizaines de milliers d’euros, à ce jour, pour juguler le problème. À elle seule, l’Agence nationale de l’habitat a payé quelque 56,4 millions d’euros pour rénover 15 487 logements.

« Copropriétés en difficulté » : un livre culte

L’avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, a coécrit un second ouvrage intitulé Les copropriétés en difficulté Constats et solutions France/Québec/Belgique, dans lequel il fait un parallèle entre les copropriétés françaises, québécoises et belges. À lire absolument!

Par François G. Cellier pour Condolegal.com
Source : Condolegal.com et LCI