Deux copropriétés s'effondrent à Marseille

5 novembre 2018 — Un drame résidentiel s’est déroulé en plein centre-ville de Marseille, ce lundi en soirée, lorsque deux copropriétés qualifiées de vétustes se sont effondrées. L’une d’elles était habitée au moment de s’écrouler, si bien que les pompiers sont à la recherche de survivants.

Le débat sur les copropriétés en difficulté est relancé de plus belle en raison de cet événement, qui interpelle les autorités publiques. Certains observateurs diront que ce n’était qu’une question de temps avant qu’il se produise, car au moins 15 % du parc immobilier détenu en copropriété, en France, est dégradé ou en sérieuse difficulté. Néanmoins, il faut préciser que pour l'instant, on cherche encore à déterminer ce qui s'est passé pour expliquer ce grave accident.

Des morts, presque assurément  

« Ce qui compte, c’est qu’on trouve le moins de morts possible, mais nous pensons qu’il y en aura », a prévenu sur place le maire LR de Marseille, Jean-Claude Gaudin. Aux dernières nouvelles, sept personnes égaient « recensées manquantes », a-t-on appris. Et au moment d’écrire ces lignes, on comptait deux blessés légers parmi les passants.

Ce qu’il est convenu d’appeler une véritable tragédie s’est déroulée dans le quartier populaire de Noailles, réputé pour être défavorisé et compter plusieurs immeubles en très mauvais état, voire insalubres. D’ailleurs, l’un d'eux était « fermé et muré », selon des informations transmises par la mairie. La municipalité l’avait rachetée après avoir pris un « arrêté de péril », en 2008, bien qu’il avait été entièrement sécurisé, ont confirmé les autorités. 

Dans l’autre immeuble, quelque 9 appartements sur 12 étaient habités, ont dit les pompiers. Le 18 octobre dernier, il avait fait l’objet « d’une expertise des services compétents, ce qui avait donné lieu à la réalisation de travaux de confortement permettant la réintégration des occupants », explique un communiqué émanant de la mairie.

Prisonnières des ruines?

Plusieurs témoins ont confirmé à l’AFP qu’au moment de l’effondrement, il se trouvait des personnes dans les bâtiments. Dans un centre d’accueil ouvert pour les habitants, Michael, un jeune homme qui vit dans la rue d’Aubagne a assuré voir « tous les jours des gens sortir des immeubles, des squatteurs, des sans-papiers. »

Les sauveteurs « travaillent d’arrache-pied pour savoir si des individus sont coincés » » sous les décombres, dans des « poches de survie où ils auraient pu se réfugier », a déclaré sur place le ministre du Logement, Julien Denormandie.

Pour cette « course contre la montre », comme l’a qualifiée le ministre, près de 100 marins-pompiers et 33 véhicules ont été déployés, dans une rue commerçante du quartier populaire de Noailles, à deux pas du Vieux-Port et de la Canebière. D’autres détails sont à venir.

Un second livre sur les copropriétés en difficulté a été coécrit par l'avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur, ainsi que l'avocat français en droit de la copropriété, Olivier Brane.

Par François G. Cellier pour Condolegal.com
Montréal, 5 octobre 2018
Source : L’OBS et l’AFP