Branle-bas de combat à Toronto pour interdire le pot en copropriété

20 juillet 2018 — Plusieurs syndicats de copropriétaires torontois sont engagés dans une course contre la montre, afin d’interdire la marijuana dans leur immeuble, d’ici à ce qu’elle soit officiellement décriminalisée le 7 octobre prochain.

Cette vaste offensive inquiète les copropriétaires adeptes du pot, dont ceux qui en consomment à des fins thérapeutiques. C’est le cas de Gerald Major, qui en fait usage pour soulager ses douleurs générées par une spondylarthrite ankylosante et un rhumatisme psoriasique, qu’il a commencé à développer à l’âge de 14 ans. Ses problèmes de santé multiples l’ont contraint à subir huit interventions chirurgicales en autant d’années.

Copropriétaires mécontents

Plusieurs syndicat de copropriétaires (dans la Ville-Reine) ont adopté des règles dans leur immeuble concernant le cannabis. Mais elles ne font pas que des heureux, comme en témoignent moult commentaires recensés dans les médias sociaux.

« Ces syndicats se sont concentrés sur le tabagisme au cours des dernières années. Mais maintenant que la marijuana est sur le point d’être décriminalisée, une réelle inquiétude émerge », note Denise Lash, qui pratique le droit de la copropriété en Ontario. La principale crainte concerne la migration des odeurs d’un appartement à l’autre. Or, bon nombre de copropriétaires estiment que la fumée secondaire du pot est non seulement une nuisance, mais elle peut aussi être néfaste pour la santé des autres occupants non-fumeurs.

La Colombie-Britannique en avant

En Colombie-Britannique, les copropriétaires ont été proactifs en cette matière, conscients que les troubles de voisinage liés à la fumée secondaire pourraient devenir un véritable problème. Pour éviter d’en arriver là, plusieurs d’entre eux ont adopté une réglementation (au cours 10 dernières années) qui interdit de fumer dans leur immeuble.

Mieux encore, la loi sur la copropriété, en Colombie-Britannique, a prévu la prohibition des nuisances, à savoir celles qui émanent d’une partie commune ou privative pour affecter une autre partie privative. Néanmoins, d'ici à ce que le pot soit décriminalisé, des assouplissements aux règles permettront la consommation du cannabis à des fins médicales.

Montréal, 20 juillet 2018
Source : Toronto Sun