Airbnb à Montréal: hausse de l'impôt foncier

22 mai 2017 — À l’instar des hôtels qui se trouvent sur son territoire, Montréal considère désormais les immeubles d’hébergement touristique comme des entreprises commerciales. Elle leur a donc imposé une hausse de l'impôt foncier.

L’immeuble d’hébergement Like a Hotel, qui compte 35 employés, est notamment visé par cette mesure. Son propriétaire, Jeff Letendre, a tout d’abord loué à des tiers les 50 appartements qui s’y trouvent, pour ensuite les aménager en résidences touristiques de type Airbnb. La clientèle qui fréquente l’endroit en a précisément découvert l’existence sur Airbnb.

« Nous ne sommes pas des hôtels. Nous ne facturons pas 250 $ la nuit, avec des services multiples, un restaurant en bas et un ménage à tous les jours. Présentement, le message de la Ville est : “Si tu es illégal, reste illégal, parce que si tu vas chercher un permis, la Ville va t’étouffer avec sa taxe », s’insurge Jeff Letendre. L’homme affirme avoir tous les permis requis pour faire de la location à court terme, ce qui ne serait pas le cas pour la grande majorité de ses compétiteurs.

Autre son de cloche

Montréal ne voit pas les choses comme Jeff Letendre. Le président du comité exécutif de la Ville, Pierre Desrochers, estime que ce taux d’imposition est justifié, puisque l’immeuble d’hébergement touristique dont on parle est utilisé à des fins commerciales. « Avec un nom pareil, Like A Hotel, si ce n’est pas un hôtel… C’est un type d’hôtel qui offre des services différents », explique-t-il.

Pierre Desrochers ne fait qu’appliquer la même réglementation à tous, dit-il. C’est une question d’équité pour l’ensemble des établissements hôteliers à Montréal, qui paient eux aussi cet impôt foncier. Les propriétaires des appartements situés dans l’immeuble Like a Hotel assument la facture, qui est rétroactive sur deux ans.

Syd Giber représente les propriétaires de 10 des 50 appartements loués par Like A Hotel. Il exige que Jeff Letendre les rembourse. « Il nous doit 75 000 $. S’il ne paie pas, nous avons préparé une lettre pour le mettre dehors. C’est dommage. Il y a beaucoup de monde qui peut perdre son emploi », dit-il. À une époque où les immeubles d’hébergement touristique se multiplient dans le monde, les gouvernements de différents pays en ont pris la mesure et s’ajustent à un phénomène en pleine croissance.

Montréal, 22 mai 2017
Source: Radio-Canada