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7 mars 2017 — Les copropriétaires floués par la location de type Airbnb ne devraient pas hésiter à attaquer en justice, affirment des professionnels du tourisme, en France, ainsi qu’une association de propriétaires.

Paris compte entre 120 000 et 150 000 appartements en location sur des plateformes Web, principalement de type Airbnb, contre 85 000 chambres d’hôtel. Tous les appartements précités sont exclusivement destinés à la location dans une proportion de 80 %, car leurs propriétaires n’y vivent plus.

La location à court terme a fait chuter l’activité hôtelière de 40 %, de 2013 à 2016, constate Philippe Villin, propriétaire de la chaîne d’hôtels Libertel et membre de l’Association pour un Hébergement et un Tourisme Professionnels (ATHOP). Il estime qu’à ce rythme, il ne se créera plus de nouveaux hôtels dans la Ville Lumière, et que le parc hôtelier existant ne pourra pas se maintenir.

« Nous lançons un appel aux copropriétaires : "il est possible de se défendre face à ces nuisances; n’hésitez donc pas à attaquer en justice”, a-t-il dit. Selon des chiffres publiés par Airbnb, le locateur (hôte) type en Ile-de-France a 38 ans. Il loue son logement 35 jours par an, ce qui lui permet d’engranger quelque 2100 euros supplémentaires.

De son côté, Didier Hassan, président de l’association Padhocmi (Pas d’hôtel clandestin dans mon immeuble), qui dit réunir environ 3000 propriétaires, dénonce “les nombreuses nuisances dont sont victimes les habitants des immeubles, en raison des fêtes tardives, des dégradations de parties communes, mais aussi des soucis de sécurité, quand on sait que les codes sont donnés à tous et qu’il y a un va-et-vient permanent”.

La clause dite d’habitation bourgeoise, présente dans la grande majorité des contrats des copropriétés, stipule que louer son unité, même sans nuisance, est contraire à la plupart des règlements des immeubles, a expliqué l’avocat Erwan Le Douce Bercot. “Cette clause peut ainsi permettre aux habitants excédés d’attaquer en justice”, a-t-il ajouté.

La loi pour une république numérique, adoptée en octobre 2016 et dont les décrets d’application sont attendus, impose aux personnes qui souhaitent louer leur résidence dans certaines villes, par exemple Paris de s’enregistrer auprès de la mairie. Elle impose également aux plateformes de veiller à ce que le logement proposé, s’il s’agit d’une résidence principale, ne soit pas loué plus de 120 jours par an.

Montréal, 7 mars 2017
Source : Agence France Presse