Copropriétaire en faillite à cause d’une prime d’assurance

19 décembre 2019 — Une copropriétaire vivant en Alberta (à fort McMurray), Kallena Carriere, a dû déclarer faillite en raison d’une prime d’assurance qu’elle ne pouvait plus honorer.

Cette femme dans la jeune trentaine payait déjà 1 800 $ d’hypothèque mensuelle. Mais en raison d’une augmentation considérable de la prime d’assurance du syndicat, elle devait allonger quelque 1 000 $ additionnels chaque mois. « Je n’y croyais pas. J’ai pleuré en réalisant tout ce que ça voulait dire », dit-elle.

Un condo dont la valeur a déprécié

Vendre son condo n’était pas une option envisageable. Acheté en 2014, l’appartement s’est déprécié de 150 000 $. Le mettre en vente signifiait contracter une nouvelle dette.

En septembre dernier, son syndicat n'a eu d'autre choix que d'accepter les conditions qu'une compagnie d'assurance -, la seule qui a voulu prendre la relève -, leur a imposés. Outre une prime prohibitive, leur police ne couvre qu’un sixième de la valeur du bâtiment.

Une couverture impossible

Robert Guy, représentant des administrateurs de l’immeuble, s’est présenté au conseil municipal de Wood Buffalo en octobre. La loi nous oblige à être assurés, mais nous ne pouvons tout simplement pas nous le permettre. Nous n’avons pas de solution de rechange », a-t-il dit. 

Il entrevoyait déjà la possibilité que des résidents quittent leur logement. De leur côté, les élus municipaux ont réagi en pressant les gouvernements provincial et fédéral à agir. Plusieurs lettres ont été envoyées aux députés, et même au bureau du premier ministre, pour demander qu’une couverture d’assurance complète et abordable soit plus facilement accessible à Fort McMurray.

Le gouvernement de l’Alberta s’en mêle

Depuis, le gouvernement albertain a « demandé à l’industrie de trouver des solutions pour les propriétaires de la région », assure la porte-parole de Service Alberta Tricia Velthuizen. Son organisation a reçu une vingtaine de plaintes au sujet des assurances pour copropriétés hors de prix, voire inaccessibles.

« Il doit y avoir une limite sur les primes d’assurance habitation. Une forme de réglementation gouvernementale, afin d’éviter ce genre de situation que je ne suis pas la seule à vivre. Plusieurs de mes amis et de mes voisins font face au même défi », conclut Kallena Carriere.

Par François G. Cellier pour Condolegal.com
Source : Radio-Canada