Troquer son condo pour un appartement loué

5 avril 2019 — La copropriété québécoise doit désormais composer avec une nouvelle réalité: le marché résidentiel locatif. Certains ex-copropriétaires ont goûté aux plaisirs d'être redevenus d’heureux locataires. Par conséquent, la question se pose plus que jamais entre devenir copropriétaire ou louer l'appartement d’un autre.

Michel Roy est un de ceux qui ne regrettent pas d’avoir laissé tomber la copropriété. « La responsabilité d’être copropriétaire pèse lourdement. Il y a toujours des voisins indésirables à gérer, des réparations à faire et des hausses faramineuses de frais de condos qui en découlent. En devenant locataire, je me libère de tous ces tracas », raconte ce professionnel de 49 ans, également ex-administrateur de copropriété.

Les promoteurs s’ajustent

Les promoteurs ont entendu le message. À preuve, Devimco, l’un des principaux acteurs du développement résidentiel dans Griffintown, qui a également fait construire le quartier Dix30, est convaincu que la tendance locative est là pour rester. « ­Nous prenons le virage locatif à fond », affirme ­Serge ­Goulet, président de ­Devimco, qui a vendu 1 200 condos en 2017.

À ­Solar ­Uniquartier, un immense complexe résidentiel également projeté par Devimco sur la Rive-Sud, qui s’articulera autour d’une future station du ­Réseau électrique métropolitain (REM), on prévoit construire des commerces, des tours de bureaux, des hôtels, des parcs, une place publique et un parc immobilier de 2 500 portes. Or, quelque 60 % à 65 % des unités résidentielles seront destinées au marché locatif.

La clientèle locative n’est plus seulement constituée d’individus moins bien nantis, pour qui louer un logement représente la seule option viable. On dénombre, également, une majorité de personnes que le statut de copropriétaire n’attire plus.

Les condos résistent

Il faut néanmoins préciser que malgré une explosion de l’offre locative, la copropriété se porte toujours bien. La métropole, théâtre de 70 % des transactions immobilières au Québec, a connu une année exceptionnelle en 2017. À preuve : sur l’île de ­Montréal, les mises en chantier de condos ont connu un bond de 50 %.  

Acheter une propriété résidentielle, par exemple un condo, peut être un excellent investissement, à la condition que l’immeuble soit bien géré et qu’à moyen et long terme, les appels de charges ne viennent pas grever les finances personnelles de son propriétaire. C’est ce que le projet de loi 16 voudra entre autres éviter à l’avenir.

Augmentation des frais de condo

Dans une certaine mesure, les locataires sont avantagés par rapport aux copropriétaires. « J’ai connu des hausses de frais de copropriété de 10 % annuellement. En outre, les taxes foncières connaissent une augmentation rapide à ­Montréal. Quant à mon loyer, il devrait suivre le rythme de l’inflation, grâce au contrôle des loyers imposé par la ­Régie du logement. Je demeure aussi plus mobile, et je peux déménager sans devoir trouver un acheteur », plaide ­Michel ­Roy. Ces arguments ont certes le mérite de susciter la réflexion.

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Montréal, 5 avril 2019
Source : Les Affaires et François G. Cellier