Les Québécois sont passés du statut de locataires à celui de propriétaires

La Fédération des chambres immobilières du Québec (FCIQ) a récemment annoncé, dans son Mot de l’économiste de janvier 2019, que l’année 2018 avait été faste. Quelque 86 557 propriétés résidentielles ont été vendues au Québec l’an dernier, selon les données colligées dans le système Centris des courtiers immobiliers. Il s’agit d’une hausse de 5 %, par rapport à 2017, une autre année record avec 82 541 transactions.

« L’année 2018 a sonné la revanche des condos », lance Yanick Desnoyers, directeur – Analyse du marché à la FCIQ. À l’opposé, le segment de l’unifamiliale est devenu tellement serré dans certaines régions, notamment sur l’île de Montréal, que plusieurs cohortes d’âges se tournent désormais vers les condos.

À preuve, la vente dans le segment de la copropriété était en hausse de 14 % (en 2018) dans la RMR de Montréal. Pendant ce temps, les maisons unifamiliales n’ont récolté qu’une maigre augmentation de 1 %. Dans toute la province, le score était encore à l’avantage des condos, qui ont connu une augmentation de 13 %, contre seulement 3 % pour les unifamiliales.

Il faut comprendre que de nos jours, pour un premier acheteur, il est beaucoup plus difficile d’amasser la mise de fonds nécessaire, afin d’acheter une maison. « Raison pour laquelle les condos ont la cote, car les premiers acheteurs peuvent s’en payer un beaucoup plus rapidement », fait savoir Yanick Desnoyers.

La FCIQ a également fait l’inventaire des 10 secteurs (au Québec) où les copropriétés sont les plus abordables, ainsi que les 10 autres où elles se vendent le plus cher. On constate, sans surprise, que les condos dont la valeur est la plus élevée sont tous situés dans la RMR de Montréal. Rosemont-La Petite-Patrie y figure en 10e place, ce qui démontre que l’embourgeoisement d’arrondissements par l’intermédiaire des condos fait son œuvre.

« Malgré tout, quand on se compare on se console, car Montréal est une ville encore relativement bon marché dans le domaine de l’immobilier résidentiel », souligne Yanick Desnoyers. Cet économiste a récemment comparé la métropole au village Gaulois d’Astérix, car contrairement à d’autres grandes villes canadiennes où les ventes sont en baisse, la province de Québec continue d’afficher un rendement positif (+ 5 %) en ce qui a trait aux ventes.

En comparaison, Vancouver est en baisse de 38 %, alors que Calgary et Toronto sont respectivement en chute de 22 % et 18 %. Cette situation s’explique par le fait que les propriétés se vendent moins cher à Montréal qu’ailleurs au pays.

Dans un contexte plus global, on peut dire qu’aujourd’hui, les Québécois sont plus riches qu’il y a 50 ans, passant du statut de locataires à celui de propriétaires. Dans la RMR de Montréal, il s’y trouve 44,3 % de locataires contre 55,7 % de propriétaires. Au Québec, ces derniers sont encore là majoritaires (61,3 %).

Par François G. Cellier pour Condolegal.com
Montréal, 7 février 2019