Condos et logements sociaux au cœur des enjeux d’avenir

17 septembre 2018 — Le Québec devrait-il se doter d’un ministère de l’Habitation, afin qu’en ce domaine, la population d’ici soit mieux servie? Il le faudrait, pensent plusieurs observateurs, car les enjeux sont énormes, plus particulièrement en matière de copropriété et de logements sociaux.

La ministre sortante Lise Thériault, qui s’est récemment vue attribuer le titre de ministre de la Protection des consommateurs et de l’Habitation, a fait ressusciter une fonction qui fut abolie en 1985. Mais voilà, ce poste sera-t-il reconduit à l'issue des prochaines élections provinciales? Cette question demeure sans réponse.

 

Loi spécifique à la copropriété

Il y a urgence de créer une loi spécifique à la copropriété, croit l’avocat émérite et secrétaire général du RGCQ, Yves Joli-Coeur. L’Ontario en a adopté une en 1967 qui, depuis ce temps, a été bonifiée à deux reprises, soit en 1998 et en 2015. Il souligne, en outre, que la densification urbaine implique des milliers de condos construits ou à construire. « Or, aucune loi particulière ne vient encadrer ce volet », a-t-il dit en ondes au 98,5 FM, en tant qu’invité pour commenter la situation qui prévaut en matière d’habitation au Québec.

De son côté, la porte-parole du Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), Véronique Laflamme, est venue dire que les investissements d’argent en logements sociaux sont insuffisants au Québec. Elle rappelle que pendant la dernière année, au Québec, seulement 700 logements à but non lucratif ou coopératif ont été construits. « Pourtant, quelque 3 000 logements de ce genre étaient prévus au budget provincial », a-t-elle ajouté.

Plus de 30 % du budget pour se loger

En outre, « Le recensement de 2016 indique que chez nous, plus du tiers des ménages dépense plus de 30 % de leur budget pour se loger », d’ajouter Véronique Laflamme. À Montréal, quelque 36,5 % des personnes se retrouvent dans cette situation.

Les copropriétaires ne sont pas tous des bourgeois

La cohabitation des condos et des logements sociaux est un autre sujet d’actualité au Québec. Tout projet de construction en copropriété doit, s’il atteint un volume prédéterminé, en prévoir un certain nombre. « Parfois, ça fonctionne bien, mais parfois, ça va moins bien, parce que la réflexion n’est pas complète sur cette question », d’ajouter Yves Joli-Coeur, qui souligne que tous les copropriétaires ne sont pas riches, comme le voudrait la perception populaire. Plusieurs d’entre eux peinent à joindre les deux bouts, notamment en raison de charges à payer qu’ils avaient mal évaluées avant d’accéder à la propriété.

Par ailleurs, les immeubles vétustes ne sont pas que l’apanage des copropriétés au Québec. Certains immeubles abritant des appartements locatifs souffrent eux aussi d’un déficit d’entretien, entre autres parce qu’ils appartiennent à des spéculateurs qui ne sont pas tous portés sur les fonds de prévoyance, et encore moins les carnets d’entretien.

« Il faut avoir une réflexion globale sur le logement collectif chez nous, incluant les condos et les logements sociaux », croit Yves Joli-Coeur. Pour sa part, le FRAPRU a entamé une marche de 550 km le 2 septembre dernier (pour le droit au logement) qui prendra fin à Québec à la veille des élections provinciales. Un débat électoral sur le logement communautaire est également prévu, le 19 septembre prochain. Les personnes intéressées à y participer peuvent s'inscrire en cliquant sur cet hyperlien.

Montréal, 17 septembre 2018
Par François G. Cellier pour Condolegal.com