Revendre son condo à court terme: pas toujours payant

25 avril 2018 — À l’époque d’une spéculation immobilière désormais révolue à Toronto et Vancouver, plusieurs investisseurs y ont acheté une ou plusieurs copropriétés sur plan, pour ensuite revendre leur contrat d’achat avec profit, avant même que la construction des unités en question soit terminée.

Au Québec, les ménages qui ont acheté un appartement détenu en copropriété, et qu’ils l’ont revendu rapidement n’ont pas nécessairement eu cette chance. Chaque année, plusieurs d’entre eux font l’acquisition d’une propriété, et s’en départissent à peine 1 à 3 ans plus tard.

Revendre son condo à perte

Dans un contexte où la hausse des prix a été plutôt faible dans la belle province, malgré une croissance un peu plus soutenue en 2017, bien des acquéreurs ont dû se résigner à revendre à perte, encore qu’une majorité d’entre eux a pu obtenir un montant légèrement supérieur au prix d’acquisition.

Selon les données colligées par JLR à partir du Registre foncier du Québec, quelque 59 300 ventes de copropriétés de plus de 80 000 $ ont été recensées en 2014 ou 2015 chez nous. De ce nombre, 6 059 (10 %) ont fait l’objet d’une revente avant 2018. Or, l’écart médian entre le prix revendu et le prix payé pour l’acquisition atteignait 3,5 %. Bien que la plupart des ménages aient encaissé un léger profit, une autre tranche de 27 % s'est contentée d'un prix moindre, et 6 % d'un prix égal au montant déboursé pour l’acquisition.

Taxes, droits de mutation et frais de notaire

Parmi tous ces acheteurs, quelque 40 % ont revendu leur propriété à un prix supérieur à 5 %, en comparaison du montant payé pour l’acquérir. Cette analyse ne tient compte que de la différence entre le prix de vente et d’acquisition. Les autres dépenses relatives aux droits de mutation, aux frais de notaire, aux frais de courtage et à la prime d’assurance hypothécaire, pour ne nommer que celles-là, n’ont pas été calculées dans l’équation.

Par conséquent, ceux dont la mise de fonds était négligeable, et pour qui le prix de revente était légèrement supérieur ou inférieur au prix d’acquisition, pourraient peiner à rembourser leur prêt hypothécaire.

Montréal, 24 avril 2018
Source : Les Affaires