Nos condos attirent des kleptocrates

16 juin 2017 — Les investisseurs étrangers dans le domaine de l’immobilier ne sont pas tous des anges, si l’on en croit une enquête menée par le Journal de Montréal. Certains politiciens, hauts gradés et hommes d’affaires corrompus font partie du lot. Toujours selon ce quotidien, aucune loi particulière n’empêche un haut gradé issu d’une dictature, voire d’un régime corrompu d’investir au Canada. Le Québec en accueillerait un nombre croissant qui y achète des condos.

Il semblerait que notre province soit une terre accueillante pour ces despotes et kleptocrates. En fait, moyennant « quelques tours de passe-passe juridiques, on peut financer, sans susciter d’enquête, des biens immobiliers en usant de moyens de paiement pour le moins douteux », affirme l’avocat William Bourdon, fondateur de l’association Sherpa, joint à Paris.

Le journaliste Hugo Joncas, qui a épluché ce dossier pendant près d’un an, en arrive à la conclusion que des dizaines de propriétés québécoises ont été acquises par des ministres, d’ex-ministres et autres personnalités proches de dictateurs et de dirigeants corrompus d’Afrique. « Plusieurs d’entre eux ont fait l’objet d’enquêtes pour divers délits ou crimes financiers, soit dans leur pays d’origine, soit en Europe, où les procès pour despotisme et corruption se multiplient », dit-on. L’un des politiciens mis en cause est soupçonné d’avoir participé à coup d’État », d’ajouter le journaliste.

La plupart des personnes visées détiennent ces propriétés pour les louer et en tirer des bénéfices. Rares sont ceux qui les occupent, encore que certains d’entre eux les prêtent à leurs enfants qui font des études universitaires à Montréal. En juin 2016, le boom des condos, à Griffintown, a attiré un beau-frère du dictateur tchadien Idriss Déby, Ibrahim Hissein Bourma, rapporte le Journal de Montréal. Cet entrepreneur millionnaire de 28 ans a acheté 10 appartements d’un seul coup dans une tour abritant des condos.

Le Québec est un territoire attrayant pour un investisseur qui, aux prises avec un surplus d’argent, souhaite investir dans l’immobilier. Le marché américain se trouve à proximité. En outre, cette province (tout autant que le Canada) jouit d’une bonne réputation et le système bancaire y est très stable. « Ces familles diversifient leurs investissements, en fonction des conseils qui leur sont prodigués par de grands cabinets de juriste, ainsi que des experts-comptables.»

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